Présentation et historique

Position de Versoix – Ligne de la Versoix

État au 27 mai 2019

Ce circuit propose un retour sur une période « secrète » entre 1940 et 1945, suivi d’un oubli très rapide et presque complet pour divers motifs. Plusieurs zones d’ombre et points non résolus demeurent à ce stade.

Résultant d’une collaboration entre l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature, Genève Rando et le Musée militaire genevois, ce circuit est également décrit étape par étape – parfois de manière plus succincte – sur le site www.geneveterroir.ch -> « cartes du terroir & nature -> tourisme rural & activités de plein-air -> parcours de randonnées terrestres» avec en prime une carte d’ensemble et une porte d’entrée sur des descriptifs.

Le terme “fortin” est devenu un terme générique presque synonyme de bunker, casemate ou blockhaus.

A l’époque et dans le cas d’espèce la position de Versoix (ou aussi appelée « de Collex »), « fortin » – au nombre de quatre – désignait un abri pour canon et/ou mitrailleuse(s); sur deux étages avec une chambre de combat et en sous-sol un abri / repos, le tout relié par une lourde trappe. Cet espace était complètement équipé d’un système de ventilation, d’eau (dont pour le refroidissement des mitrailleuses Maxim modèle 1911), de couchettes, de tinette WC (toilettes sommaires), etc. Cet infrastructure permettait probablement une autonomie d’environ six jours.

Quant aux onze « emplacements de tir » en béton, ils étaient sans équipement et munis de deux, exceptionnellement trois, embrasures (meurtrières) pour fusils-mitrailleurs ; ces derniers auraient été acheminés par la troupe se retirant de Genève le cas échéant.

Un observatoire militaire a également été construit et complétait le dispositif avec en sus dans la région des postes d’observation utilisant eux des infrastructures préexistantes pour la surveillance principalement du Jura français et des accès en direction de Genève.

Actuellement de manière générale et pour ledit circuit en particulier, on parle de seize « fortins » sans faire de distinction quant à leur type.

 

UN PEU D’HISTOIRE

Vers Gland depuis le bord du lac et jusqu’aux hauteurs du Jura se trouvait la première réelle ligne de défense la plus occidentale de Suisse, soit la ligne de la Promenthouse.

Suite aux décisions du Général Guisan de 1939 puis de 1940, la Ville de Genève aurait été déclarée « ville ouverte ». En cas d’attaque c’est d’abord les barricades anti-char placées au Grand-Saconnex, Pregny, Chambésy, Colovrex et Vengeron qui auraient barré les pénétrantes sur la position de Versoix.

En 1938 déjà, une vingtaine de ces obstacles avait déjà été construits, aux accès à la Ville de Genève et en dehors.

Le dispositif global dans le secteur de l’Arrondissement territorial de Genève comprenait également des objets minés (routes / chemins et tous les ponts sur La Versoix), certains murs à usage anti-char le long de La Versoix, des obstacles divers, des ouvrages de campagne (tranchées, trous, …), etc.

Des raisons militaires autant que psychologiques expliquent toutes ces constructions militaires. Elles avaient pour but de permettre et de protéger

 

l’évacuation des troupes stationnées sur le Canton (en service, au repos, en mobilisation) en cas de « danger immédiat d’invasion ». Si nécessaire un combat défensif et retardateur aurait été mené.

Des plans d’attaques de la Suisse notamment par les parties basses du Jura français ont été retrouvés, exécutables par l’armée allemande à l’été / l’automne 40 et à la mi-44.

DESCRIPTIF GLOBAL

La ligne à proprement parler touche les communes de Bellevue, Genthod, Versoix et Collex-Bossy. Dans une vision large il faut y rajouter les communes du Grand-Saconnex et de Pregny-Chambésy.

Elle peut être décrite comme un Y inversé partant respectivement de Bellevue (vers la gare) et de l’embouchure de La Versoix pour arriver à Richelien, puis de là jusqu’au pont de Bossy.

Les quatre fortins existent encore, sept emplacements de tir sur onze également avec un observatoire démoli vers 1996. Sept ouvrages sont propriétés de l’État de Genève et « gérés » par le Musée militaire genevois (MMG).

Ces infrastructures ont été surtout réalisées en 1941 et 1942 avec une ligne opérationnelle vers l’automne 42. A l’été 43 des échanges ont eu lieu entre différentes instances de l’armée pour – déjà – un éventuel abandon total au titre de position avancée !

En décembre 1945, soit plusieurs mois après la fin de la Guerre, une carte identifie les ouvrages permanents sur Genève comme pouvant être conservés non armés ou démolis. Autrement dit, ces derniers ne représentaient plus pour l’armée un intérêt prioritaire.

INFORMATIONS PRATIQUES

Points de départ du circuit :gare de Versoix ou de Bellevue, avec la possibilité d’adapter le parcours selon son envie, grâce aux chemins de randonnée qui parcourent la région.

Temps de parcours (indépendamment du sens) : 3h de marche (pauses non comprises), 12.4 km, dénivelé : 147m montée, 147m descente.

A noter, pour les plus entrainé-e-s, qu’il est possible de retourner à la gare de départ de sa balade, en suivant le chemin de randonnée pédestre. Ce dernier est emprunté par le chemin de Saint-Jacques, qui passe notamment entre anciennes demeures et vignes de Genthod, offrant de beaux points de vue sur le lac et les alpes. Trajet gare à gare : environ 1h.

Prévoir un équipement adapté : chaussures de marche (sections boueuses en cas de période humide), anti-moustiques, de quoi boire. Respecter la signalisation sur place, l’environnement et les propriétés privées. La prudence est de mise sur les cheminements (routiers ou non) et autour des fortins.

Toute question, remarque, suggestion, photo, témoignage historiques ou actuels permettant d’enrichir les informations présentées ici peut être communiquée au Musée militaire genevois [voire son site ou à son adresse postale] voire à l’adresse « ligne.versoix.recherche(arobase)gmail.com ».

Dès la mi 2019 le nouveau site internet du Musée mettra progressivement à disposition diverses données plus détaillées.